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• Didier jeunesse : quand édition rime avec passion![]() La
collection « Pirouette » des éditions Didiaer Jeunesse
a publié, de 1994 à 2004, plus d’une trentaine de livres pour
tout-petits consacrés aux comptines traditionnelles. Illustrés avec
fraîcheur et humour par des créateurs de talent, ces albums
connaissent un grand succès auprès des enfants, comme des parents, des
garderies et des maternelles. Michèle Moreau, directrice, œuvre,
depuis le début, pour cette transmission pleine de gaieté de la
culture orale enfantine. Par Gabriela
Zérega Comment la collection « Pirouette » a-t-elle débuté ? Michèle Moreau : Tout est né lors d'une rencontre avec Charlotte Mollet. L'illustratrice, qui n'avait encore rien publié, m'a montré le projet de Pirouette cacahouette : la comptine mise en images avec de nombreux clins d'œil au cinéma de Tati et dans un parti-pris graphique très audacieux. Aussitôt, j’ai senti que d'autres comptines traditionnelles pouvaient se prêter au même jeu artistique. Toutes les deux, nous avons pensé à Une souris verte, qui est sortie en même temps que Pirouette et qui a été saluée par le prix Sorcières. D’après quels critères choisissez-vous ces comptines ? Le choix revient en premier chef à l'illustrateur ! Les premiers temps, c'était même un formidable terrain d'expérimentation, une occasion unique pour les artistes de laisser libre cours à leur sentiment de l'enfance, puisque nous n'imposions aucune technique. Depuis quelques années, connaissant l'accueil exceptionnel de nos livres auprès des tout-petits, j'oriente les choix vers les comptines que l'on chante aux bébés. Et je suis toujours présente pour élargir le répertoire, préciser les variantes moins connues… Je suis une passionnée de ce répertoire qui a habité mon enfance, et dont la poésie continue à m'émerveiller. La diversité et la richesse des ouvrages qui résultent de cette démarche sont tout à fait frappantes. D’un album à l’autre, il n’y a aucune monotonie. Pourtant, le tout donne une impression d’unité. Comment avez-vous choisi vos nombreux illustrateurs ? Ce sont eux qui choisissent la collection « Pirouette » ! Certains n'accrochent pas. D'autres se retrouvent très vite en état de jubilation ! C'est une question d'affinités avec toute une tradition populaire et une grande disponibilité à l'égard de la petite enfance. L'enjeu, à chaque fois, est d'ouvrir le regard, de jouer avec tous les sens, de ne pas limiter la comptine à une interprétation trop sommaire. Par essence, ces petits trésors de la littérature orale présentent de multiples pistes d'interprétation... Souvent, un graphiste contribue à la mise en images. Quel est son rôle? Dès les premiers titres, nous avons choisi de travailler avec un graphiste free-lance. C'est lui qui fait les choix de la typo, de la couverture, des lettrines, de la mise en pages, en complicité avec l'illustrateur, bien sûr ! Son apport peut être déterminant ou plus discret, c'est selon le projet… Le plaisir avec lequel ces artistes ont travaillé est communicatif : feuilleter un album donne envie de les connaître tous. Le foisonnement des images et des techniques stimule l’inventivité du lecteur. Cette invite à contribuer au monde imaginaire proposé était-elle intentionnelle ? Oui. Sans tout cela, un album ne serait qu'un exercice de style... En découvrant les diverses collections pour enfants nées sous votre direction, ou le site Internet, (www.didierjeunesse.com), en lisant La lettre de Didier Jeunesse – petit journal gratuit – je suis épatée par l’énergie qui circule entre vous et les créateurs ou les divers lecteurs. De quels besoins est née cette lettre ? Du besoin de relier les acteurs entre eux : ceux qui travaillent sur le terrain, ceux qui utilisent nos livres, ceux qui les lisent, avec ceux qui les font ! Je rencontre régulièrement des professionnels de la petite enfance et suis toujours impressionnée par leur grand désir de comprendre, d'expérimenter. J'aime leur parler de nos choix, aussi subjectifs soient-ils, j'aime les faire parler de leurs expériences, de leurs passions, de leurs réticences aussi. Tout ce qui peut se dire autour des albums, autour de leur accueil par les enfants, est riche et vital. Quel sera l’avenir de la collection? Dix nouvelles années fructueuses, à l’image des dix premières ? Il y a encore tout plein de projets : « Pirouette » va continuer à explorer le répertoire de l'enfance avec une grande vitalité : en allant voir du côté des chansons (Mon père m'a donné un mari, Aux marches du palais, etc.), en jouant toujours plus avec les textes, les techniques, en accueillant de nouveaux illustrateurs, en se laissant bousculer ! Mis en ligne: Lun. - Février 14, 2005 » Réagir à cet article |