• Je peux vous dire d'autres pays… (3)


15 janvier 2004


PONGAL, PONGAL !
Le nouvel an à Murungapakkam, petite ville tamoule



C’est la fête de la moisson du riz. Dans les temples hindous, on commence à préparer Pongal un mois à l’avance. Dès le 15 décembre, personne ne peut ignorer que la période des fêtes est proche. À 5 heures du matin, tous les jours sans exception, les temples, du plus petit au plus grand, diffusent des cassettes de chants religieux. Le volume sonore est assourdissant, la qualité des hauts parleurs est extrêmement mauvaise… et la musique plus que médiocre. Les pujaris (brahmanes qui officient dans les temples) doivent certainement mettre en route la cassette qui tourne en boucle avant de retourner se coucher : les temples et leurs abords sont souvent encore déserts à cette heure-là.

Ainsi, tous les matins, vous êtes réveillé en sursaut. Le vacarme dure jusqu’à 7 heures. Et il est d’autant plus grand que l’on entend la plupart du temps plusieurs temples au même moment… chacun avec sa propre musique ! Les " festivités " reprennent à 17 heures jusqu’à environ 20 heures. ABSOLUMENT ÈPUISANT !

Les fêtes de Pongal ont lieu à la mi-janvier, elles se déroulent durant quatre jours. Le premier jour c’est " Bogii ", le temps du grand ménage : on balaie avec grand soin la maison et la rue , on jette les objets trop usagés, on brûle les vieux vêtements en petits tas très tôt le matin dans le jardin ou sur le bord de la route.


Le 2° jour, c’est " Pongal " a proprement dit. On fait bouillir le riz nouveau, souvent sur des braséros installés autour des temples, un riz sucré avec raisins et fruits secs. On fixe de chaque côté du seuil de la maisons des tiges de canne à sucre. Sur le devant, on a dessiné des kolams (ou rangoolis) très colorés où figurent des cannes à sucre et le pot de riz de Pongal posé sur le feu.

Le 3° jour, c’est " Mattu Pongal ". On honore les animaux surtout les vaches et les bœufs qui ont aidé à la récolte du riz.

Le dernier jour, c’est " Kanuh " ou " Karinal ", on s’amuse, on joue, il y a des courses de vaches dans certains villages. On se rend visite, on va au restaurant, les patrons offrent à leur employés des repas avec de la viande.

16 janvier 2004, MATTU PONGAL, le Pongal des vaches dans le petit village de Bahur.

C’est la fête des vaches, des bœufs, des buffles. On honore les bêtes pour leur aide pendant la récolte du riz. Cornes peintes, maquillées de poudre colorées, ornées de fleurs, de feuilles de manguier, parées de ballons multicolores, un lunghi enroulé autour du cou, comme un ruban, les vaches sont bénies au temple, puis on leur en fait faire le tour, puis, elles vont défiler en musique derrière la statue d’un dieu. Maintenant, des tracteurs décorés comme les animaux ont aussi leur place dans le cortège. C’est logique : ils rendent les mêmes services. Il paraît que dans certains villages on fête aussi les chèvres et les brebis.

Le jour baisse, le cortège va se mettre en route. Tout le monde est là : jeunes, enfants, adultes, vieillards, participants ou simples spectateurs. Un policier talkie-walkie en main " ordonne " tout ce monde. C’est joyeux, tranquille, bon enfant.

Cette soirée de Mattu Pongal passée à Bahur, un petit bourg près de Pondichéry, a été la plus heureuse de mon séjour jusqu’à présent.

À cause de sa simplicité, de sa joie.

À cause des yeux et des sourires des gens.

Quel bonheur !

Quelles étaient belles ces vaches en tenue de fête.







Texte et Photos : © Françoise Malaval et Citrouille
Illustration: © Françoise Malaval


Mis en ligne: Jeu. - Janvier 15, 2004
» Réagir à cet article